Ce partenariat pluriannuel conclu entre la Fédération des Entreprises Sociales pour l’Habitat et l’École urbaine de Sciences Po s’inscrit dans une volonté commune de produire des connaissances opérationnelles utiles aux acteurs du logement social, en articulant expertise académique et enjeux professionnels.
Le partenariat repose concrètement sur une série de conférences et prévoit également de confier des études aux étudiants de l’École Urbaine de Sciences Po.
Cette année, les étudiants Sciences Po ont engagé une réflexion approfondie sur les questions de mobilité et de sûreté dans le parc social.
La mobilité résidentielle dans le parc social : comment fluidifier les trajectoires résidentielles dans le parc social en favorisant la mobilité des ménages ?
Avec près de 2,9 millions de demandeurs de logement social en France, la question de l’accès au logement n’a jamais été aussi centrale. Dans le même temps, la mobilité résidentielle au sein du parc social tend à diminuer depuis plusieurs années, réduisant les possibilités de répondre aux besoins des ménages et accentuant les tensions dans de nombreux territoires. Face à ce constat, il nous a paru essentiel de mieux comprendre les mécanismes qui favorisent ou freinent les parcours résidentiels, ainsi que les aspirations qui les sous-tendent.
C’est dans cette perspective que la Fédération des esh a souhaité confier aux étudiants de l’École urbaine de Sciences Po une réflexion sur la mobilité résidentielle. Leur travail apporte un éclairage précieux sur un enjeu majeur pour les politiques de l’habitat. Surtout, ils ont choisi de questionner l’immobilité résidentielle, un sujet souvent moins exploré mais tout aussi essentiel pour comprendre les parcours résidentiels. Leur analyse propose un regard renouvelé sur les arbitrages des ménages et leur rapport au logement. Elle nous invite à considérer que rester peut parfois être un choix ou une aspiration, autant que partir.
En s’appuyant sur un important travail de revue de littérature, sur des entretiens avec des locataires ainsi que sur une analyse comparative de plusieurs expériences européennes, les étudiants ont su mettre en perspective les réalités observées sur le terrain. Cette démarche contribue à enrichir notre compréhension de ces phénomènes et nourrit utilement les réflexions des acteurs du logement sur les enjeux contemporains de l’habitat.
> Synthèse
La sûreté du point de vue des bailleurs sociaux : constats et perspectives
Dans un contexte marqué par une montée des préoccupations liées à l’insécurité dans l’espace public, l’étude commandée par la Fédération des esh auprès de Sciences Po analyse le rôle spécifique des bailleurs sociaux, confrontés à des attentes croissantes tout en restant contraints par leur cadre d’intervention. Cette étude a également permis d’identifier des pistes d’actions concrètes conciliant sûreté, qualité de vie et cohésion sociale. Il ressort que les bailleurs occupent une position d’intermédiaire particulièrement complexe. Ils doivent simultanément répondre aux attentes des locataires, des pouvoirs publics tout en assurant la protection de leurs salariés.
L’étude souligne également que les réponses apportées par les bailleurs reposent sur une combinaison d’outils : prévention situationnelle (résidentialisation, contrôle d’accès, vidéoprotection), dispositifs partenariaux avec les forces de l’ordre, et mobilisation des équipes de proximité (gardiens, référents sûreté). Ces derniers jouent un rôle central dans la gestion quotidienne des tensions, en assurant à la fois des fonctions de médiation, de régulation et de lien social. Toutefois, ces dispositifs présentent des limites, notamment en termes d’efficacité face aux phénomènes les plus structurés. Ainsi, la sûreté ne peut pas reposer sur les seuls bailleurs sociaux. Elle est le résultat d’une coproduction associant habitants, bailleurs, collectivités, associations et forces de sécurité.
Dans d’autres pays Européens, les politiques de gestion de l’insécurité privilégient également des approches sociales et préventives, centrées sur la médiation, l’accompagnement des publics et la coordination entre acteurs. Ces modèles mettent en lumière d’autres leviers d’action, moins axés sur la dimension répressive et davantage sur la cohésion sociale.
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